Orateur(s)
Angélique Léonard Professeure Ordinaire (Chemical Engineering, ULiège)
Gilles Foret Échevin en Charge de la Transition Ecologique, de la Mobilité, de la Propreté et du Numérique (Ville de Liège)
Salvatore Iannello CEO (Chocolaterie Galler)
Frederic Lecler Manager Brewing & Utilities Jupille (AB InBev)

Objectif zéro carbone à Liège, regards croisés

Résumé

Cette conférence inspirante organisée par AB InBev et LIEGE CREATIVE, dans le cadre des AB InBev Inspirational Talks réunissait, autour de l’objectif 0 carbone à Liège, des représentants du monde politique, universitaire et professionnel. En effet, viser une société  décarbonée relève de nombreux défis face auxquels il apparaît impératif d’allier stratégies territorialescompétences entrepreneuriales et expertises scientifiques.
 

Après quelques mots sur les origines et l’évolution de la basserie AB InBev, acteur important du territoire liégeois, Frederic Leclerc (Manager Brewing & Utilities) a introduit le sujet en présentant les ambitions Net Zero d’AB InBev pour Jupille (réduction de la consommation d’énergies fossiles à zéro en 2028) et pour l’ensemble de ses brasseries (toute les chaînes d’approvisionnement neutres en carbone d’ici 2040). Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise travaille sur plusieurs axes : diminution de la consommation d’énergie, énergies renouvelables (installation de panneaux solaires sur les toits de Jupille, par exemple), récupération et réutilisation de l’énergie produite, cogénération, chaudières au biogaz… 

Ensuite, Salvatore Iannello (CEO de la Chocolaterie Galler) a élargi le débat en rappelant l’importance d’intégrer la justice sociale à la réflexion. Selon lui, la transition passera par un arbitrage entre les 3 P habituels (People, Profit, Planet) qui guident l’entreprise et par l’ajout d’un 4ème P, celui de Purpose. Elle doit donc s’accompagner d’un changement de paradigme et d’une approche globale, pas uniquement focalisée sur le zéro carbone. Il a ainsi introduit l’outil d’analyse du cycle de vie (ACV) et la norme PEF (Product Environmental Footprint) mise en place par l’UE pour mesurer l’empreinte environnementale d’un produit ou d’un service. L’audit de la chaine de valeurs de la Chocolaterie Galler a montré que l’impact le plus grand est sur la culture de la fève, le packaging et le transport ne représentant que 10% de l’impact. A travers d’autres actions (panneaux solaires, mobilité revue, agroforesterie…), Galler a déjà fortement diminué son empreinte carbone et ne compte pas s’arrêter là.

Avec l’Échevin Gilles Foret (en charge de la Transition Ecologique, de la Mobilité, de la Propreté et du Numérique pour la Ville de Liège), nous nous sommes ensuite tournés vers les actions prises par le pouvoir public. La Ville de Liège a adopté un Plan Climat (vidéo) qui se décline autour de trois grands enjeux : la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES), l’adaptation du territoire aux effets du changement climatique et la création d’une énergie plus durable. Gilles Foret a insisté sur le fait que, pour atteindre ces enjeux, une dynamique tant publique que privée est nécessaire et qu’il faut fédérer et mobiliser les acteurs du territoire.

Angélique Léonard (Professeure à l’Université de Liège en Chemical Engineering), représentant la recherche et spécialiste de l’ACV, a souligné les différences entre impact environnemental et zéro carbone (voir diapositive ci-dessous). L’ACV est multicritères (il prend en compte beaucoup d’impacts différents et pas uniquement l’empreinte carbone), quantitatif, et couvre l’ensemble du cycle de vie d’un produit. Angélique Léonard a rappelé l'importance de toujours garder une vision globale sur les choses, en prenant pour exemple les biocarburants (moins émetteur de GES à la pompe mais avec une bilan carbone élevé lors de la phase de culture). 

La deuxième partie de la conférence s’est concentrée sur les outils de mesure permettant de calculer l’impact / le résultat des efforts de réduction carbone. La Chocolaterie Galler utilise le PEF et un algorithme développé avec une société pour calculer son score par produit et service. Ce dernier permet également de suivre au fur et à mesure les résultats de ses actions. Salvatore Iannello a mis en avant la nécessité de s’entourer d’experts aidant à objectiver, face à trop de fausses vérités. 

Dans une brasserie comme Ab InBev, tout est mesuré et on sait donc combien d’énergie on utilise lors des process. Il y a aussi diminution de l’empreinte quand on augmente la réutilisation. 

A l’échelle d’une ville, les indicateurs sont très importants, pour pouvoir se comparer aux autres et parce que chaque secteur n’a pas le même impact. Par exemple, pour le Plan Mobilité ou le Plan Canopée, il a fallu investir dans des capteurs et l’achat de données, afin d’établir un diagnostic scientifique du territoire. Cela a permis de décliner les objectifs en fonction des spécificités de chaque quartier. 

Angélique Léonard a rebondi sur cette problématique des données qui est un élément clé pour les laboratoires de recherche. Il faut également sensibiliser à l’ACV qui comporte des avantages pour les entreprises, notamment. Angélique Léonard a illustré ses propos en parlant du secteur de la construction et de l’outil TOTEM. Pour elle, ces outils deviendront de plus en plus la norme (y compris dans les marchés publics). Faire un bilan est bénéfique car cela permet de voir où sont nos leviers .

La dernière partie des échanges a permis de faire remonter des exemples de projets concrets et des pistes de collaboration sur le territoire. AB InBev a mis en avant le concept de « energy as a service » et leur projet pour la brasserie de Jupille de réutiliser l’énergie de l’évaporation selon un principe cyclique. Angélique Léonard a présenté la symbiose industrielle où les co et sous-produits d’une entreprise peuvent être utiles à une autre. Dans ce cadre, la réalisation d’une cartographie des flux sur le territoire de Liège serait utile. Salvatore Iannello a mis l’accent sur la viabilité économique et l’importance du consommateur (à transformer en consom’acteur). Enfin, l’Échevin Gilles Foret a mentionné la plateforme « Entreprendre durable » et retient quelques actions sur lesquelles il aimerait travailler avec les autres acteurs présents, dont la logistique urbaine et la récupération des eaux rejetées de AB InBev pour l’arrosage des arbres. 

La suite des échanges s’est déroulé à l’occasion du drink, bienvenu pour nouer des contacts prometteurs … 

Cette rencontre est à présent complète. Si vous souhaitez être inscrit·e sur liste d'attente, veuillez envoyer un e-mail à info@liegecreative.be.

À l’issue d’un nouvel été placé sous le signe de phénomènes climatiques record, faire évoluer tant nos modes de production que nos modes de vie occupe indéniablement la première place de l’agenda des entreprises et des pouvoirs publics. Les premières se dotent de stratégies visant à garantir le caractère durable de leur activité, les seconds travaillent à assurer la viabilité de leur territoire. Green Deal, Objectif zéro carbone, Plan climat… Pour tous, cela nécessite une capacité à mettre en œuvre, de façon systémique, des changements radicaux, tout en restant compétitif pour les uns ou des lieux de vie attractifs et accessibles pour les autres.

Viser une société décarbonée relève de nombreux défis face auxquels il apparaît impératif d’allier stratégies territoriales, compétences entrepreneuriales et expertises scientifiques.

Quels sont les plus grands défis auxquels sont confrontés ces trois sphères ?
Qu’ont-ils à apprendre les uns des autres ?
Peuvent-ils renforcer leur coopération ?

Programme :
• 18h00 : Accueil
• 18h30 : Lancement de l’événement
• 18h35 : Keynote par AB InBev
• 18h45 : Table ronde avec les intervenants
• 19h30 : Cocktail dinatoire


Un rendez-vous organisé par AB InBev et LIEGE CREATIVE, dans le cadre des  « AB InBev Inspirational Talks ». Ces rencontres visent l’inspiration autour de l’innovation, des objectifs ESG et de leur mise en œuvre en Belgique, avec des représentants du monde politique, universitaire et professionnel.