Orateur(s)
Jan Haemers, CEO (Haemers Technologies) et Amandine Liénard, Ingénierie des biosystèmes (ULiège)

La dépollution des sols : les nouvelles manières d'innover

Résumé

Ce midi, nous avons abordé deux types de dépollution de sols pour recycler les friches qui se sont avérées différentes mais complémentaires.

Aurélien Vandekerkhove, ingénieur de projet chez Haemers Technologies, nous a présenté la méthode de désorption thermique qui se traduit en deux étapes. La première consiste à chauffer le sol pour permettre la vaporisation des polluants et donc leurs séparations de la matrice du sol. L’énergie est apportée dans le sol à l’aide d’éléments chauffants, chacun composé d’un tube de chauffe et d’un brûleur indépendant. La deuxième étape consiste à extraire ces vapeurs du sol à l’aide de tubes crépinés (avec des fentes). Le polluant peut soit être réinjecté dans le brûleur pour contribuer positivement au bilan énergétique (cas des hydrocarbures de type diesel, essence, mazout de chauffage), soit être envoyé vers une unité de traitement de vapeur.

Le but de cette dépollution est, entre autre, de lutter contre l’étalement urbain et donc la consommation de terres agricoles. La valeur du terrain, après désorption thermique, est restaurée pour un usage future multifonctionnelle (la société a le droit de choisir l’usage de son terrain sans aucun contrainte).

Trois études de cas ont été présentées : (1) Chantier dans un parking sous-terrain dans le quartier Européen à Bruxelles ; (2) Un chantier dans une zone industrielle en Sicile ; (3) Une dépollution d’une ancienne aciérie à Bejing pour le futur site des JO 2022.

La deuxième méthodologie abordée concernait la phytoremédiation présentée par Amandine Liénard, bioingénieur et docteur en Sciences agronomiques au sein de Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège). Cette technique permet d’utiliser les plantes pour extraire, dégrader ou immobiliser des métaux et des composés organiques polluants. Elle peut être utilisée comme technique de dépollution mais également en fin d’assainissement afin de contrôler les pollutions résiduelles qui ne comportent plus de risques pour les eaux souterraines, la santé humaine ou les écosystèmes. La phytoremédiation est toutefois un processus d’assainissement très long car tout type de pollution n’est pas dégradable par la plante.

Certaines essences, comme les saules ou les peupliers, sont utilisées sur les friches car elles se bouturent aisément et peuvent être sélectionnées selon les contaminants présents. Le saule s’est révélé être le meilleur candidat sur un site pilote à Marchienne-au-Pont. En ce qui concerne le site du Martinet (exploité depuis 2013) à Charleroi, il y a eu une intervention pour valoriser une friche grâce à de la production de biomasse destinée à alimenter une chaudière d’un futur éco-quartier. Il a fallu 2 ans pour qu’un écosystème apparaisse. Le rendement doit encore être amélioré via des coupes afin de stimuler les saules pour que la plantation soit rentable dans les années futures.


Découvrez ci-dessous les slides de la présentation :

 

Remédier aux friches industrielles polluées est l’un des enjeux politiques et environnementaux les plus décisifs dans l’optique d’une bonne gouvernance de nos aménagements territoriaux et dans la mise en exergue de nos objectifs climatiques.

La Belgique, forte de son passif industriel, fait aujourd’hui face à une remise en question quant à l’état actuel de cette problématique (pollution aux hydrocarbures, métaux lourds, mercure, composés volatils organiques, ...) et développe des aides et accompagnements pour y remédier.

Si les acteurs de cette remédiation sont nombreux, les solutions offertes sont souvent limitées, longues, complexes et se font à prix coûtant.

Quelles sont les innovations technologiques existantes aujourd’hui, qu’ont-elles à offrir et comment les distinguer ?

C’est dans le cadre de ce questionnement que Jan Haemers, inventeur et expert de la Désorption Thermique, mettra en lumière les possibilités qu’offre cette technologie dans la réhabilitation des friches industrielles. En parallèle, Amandine Liénard, Ingénieure des biosystèmes à l’Université de Liège, partagera son expertise sur la dépollution des sols par phytoremédiation.


Cette rencontre-conférence s'inscrit dans le sillage de la démarche "Des campus verts, une Université durable" qui traduit les engagements de l'Université de Liège en faveur des 17 ODD.

 

      


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