Orateur(s)
Bas Smets Architecte de paysage (Bureau Bas Smets)
Sébastien Hendrickx Chercheur (Lepur, ULiège)

Déminéraliser les villes ou comment réintroduire la nature dans les espaces urbains

Résumé

Depuis quelques années, les politiques européennes s’orientent vers une réduction progressive des impacts du développement urbain sur l’environnement.

Sébastien Hendrickx, Chercheur au Lepur (ULiège) a démarré la séance en faisant un état des lieux de ce que l’on peut observer en Wallonie et en Europe. Dans ce cadre, il a défini et présenté deux problématiques distinctes mais fortement liées ; l’artificialisation et l’imperméabilisation des sols.

L’artificialisation des sols est le processus par lequel une surface est retirée de son état agricole, sylvicole ou naturel au profit d’autres fonctions. Environ 15% du territoire wallon est artificialisé et l’artificialisation représente, annuellement 1200 hectares. La production de logement représente 70% de cette artificialisation.
L’imperméabilisation des sols consiste, elle, en la couverture du sol par des matériaux empêchant (plus ou moins) l’absorption de l’eau. En 2007, le taux d’imperméabilisation du territoire wallon était estimé à 7,2%.
 
Le concept « stop béton » prend son origine dans un objectif européen, annoncé en 2011 par la Commission européenne, visant à supprimer toute augmentation nette de la surface de terres occupées d’ici 2050. En Wallonie, le SDT prévoit de « réduire la consommation des terres non artificialisées à 6 km/an d’ici 2030, soit la moitié de la consommation actuelle, et tendre vers 0 km/an à l’horizon 2050 ».

Le « zéro artificialisation nette » combine l’artificialisation des terres et le retour de terres artificialisées vers des catégories de terres non artificialisées.  Cela signifie que, à partir de 2050, toute nouvelle artificialisation devrait être compensée par une désartificialisation de superficie équivalente.
 
La désartificialisation consiste en un retour à un état agricole, sylvicole ou naturel. Plus qu’un simple changement de fonction, la désartificialisation implique une renaturation des sols permettant un retour à ces fonctions.
La désimperméabilisation (ou déminéralisation), elle, concerne la destruction et le retrait du revêtement de sols scellés. En ville, la déminéralisation et la végétalisation des espaces publics participent à renforcer l’infrastructure verte et à offrir divers services écosystémiques.

Afin d’illustrer ces concepts, Sébastien Hendrickx a partagé les exemples suivants : la plaine de l’aéroport de Templehof à Berlin, l’ancienne usine Citroën à Asnières-sur-Seine, la friche du PCUK à Roubaix, le projet « Sous les pavés » à Montréal.

Enfin, c’est sous l’angle des perspectives que ces concepts ont été abordés. Nécessité d’un cadre stratégique ou règlementaire, la déminéralisation et la renaturation comme stratégie opérationnelle, l’écologisation des zones urbaines et péri-urbaines... sont autant de pistes en vue de réduire l’impact de l’urbanisation sur l’environnement et, à terme, de compenser les nouveaux développements dans une logique d’équilibre entre l’artificialisation et la désartificialisation du territoire.
 
Bas Smets, Architecte du paysage et fondateur du Bureau Bas Smets, a ensuite partagé sa passion d’allier l’architecture à la nature au travers de 4 magnifiques exemples de projets de mises en œuvre sur le terrain, plus ou moins techniques et complexes : à Bruxelles (le site Tour et taxi), à Paris (dalle flottante sur le boulevard urbain près de la Défense), à Arles (aménagement d’un espace vide en « boucle verte ») et à Londres (plantation d’une oasis étonnante dans la cours d’un hôtel). À travers ces exemples, il a illustré son approche, basée sur les logiques de la nature pour produire un paysage.

En conclusion, pour reconnecter le territoire urbain avec la nature, retenons qu’il faut regarder la ville comme une nature sauvage à étudier et à comprendre, sans a priori.

Retrouvez ci-dessous le replay et les slides de cette rencontre :

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Depuis quelques années, les politiques européennes s’orientent vers une réduction progressive des impacts du développement urbain sur l’environnement. En 2011, la Commission européenne a fixé un objectif d’arrêt de l’artificialisation des sols à l’horizon 2050 et, en 2013, elle s’est engagée dans l’amélioration du développement des infrastructures vertes pourvoyeuses de services écosystémiques.

Dans les milieux urbains particulièrement, la végétalisation des espaces publics et privés améliore la qualité de vie à travers la régulation des températures, l’amélioration de la qualité de l’air et l’offre en aménités récréatives et paysagères.
 
Récemment, les mois de confinement liés à la crise sanitaire ont renforcé la demande des citadins vis-à-vis du développement d’espaces verts de proximité en vue de renforcer ces services.

Du point de vue du développement territorial, la déminéralisation et la renaturation de certains espaces urbains permettraient de répondre à cette demande et pourraient constituer une stratégie opérationnelle en vue de réduire l’impact de l’urbanisation sur l’environnement et, à terme, de compenser les nouveaux développements dans une logique d’équilibre entre l’artificialisation et la désartificialisation du territoire.

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