Orateur(s)
Steven LAUREYS, Coma Science Group, CRCyclotron ULg & CHU et Julie DETHIER, Aspirant F.R.S.-FNRS, ULg - Institut Montefiore

Les microsystèmes à la rescousse du cerveau

Résumé
La rencontre-conférence de ce midi a ouvert de nombreuses portes de collaborations potentielles parmi les participants rassemblés autour du Prof. Steven Laureys et de Mme Julie Dethier.

Steven Laureys a introduit le débat en posant la question de la quantification de la conscience.  Le défi à relever est de décoder et de comprendre le code neuronal de cette dernière.  Ce qui implique la subjectivité et rend donc la chose difficile.  A l'heure actuelle, tout ce qui peut se faire est de quantifier la réponse motrice.  Différentes techniques (radioactivité, IRM, électrodes, etc.) sont utilisées afin d'être le plus précis possible dans le diagnostic et de permettre une communication avec le patient.

Les cliniciens ont besoin des ingénieurs dans ce travail afin d'améliorer les technologies et donc la communication avec les patients.  Le challenge est de faire parler les images pour écouter ce que disent les patients. 
Même si les signes pourraient paraître parfois dérisoires, toutes ces technologies sont un espoir pour les patients cérébrolésés.

Julie Dethier nous a quant à elle présenté les interfaces neuronales directes (INDs) qui apportent une solution nouvelle par leur caractère invasif.  Le but de ces interfaces est de stimuler un comportement adéquat.  A la question "Mon cerveau, un ordinateur ?", sa réponse est "Non, mais certains principes étant identiques, l'ordinateur peut aider le cerveau et vice-versa".  

Bien sûr la question de l'éthique se pose, mais pour reprendre les mots de Steven Laureys : "L'éthique ne peut pas être un obstacle pour bénéficier de ces techniques".

Le besoin qui se fait sans doute le plus ressentir à l'heure actuelle est de trouver un système de monitoring "user flriendly" qui permette de suivre le patient chez lui et de prolonger cette communication.
On dit souvent que le cerveau est un vaste ordinateur…  Pourrait-on donc se connecter ?

L’électricité, puis l’électronique sont présents depuis longtemps dans le paysage médical et hospitalier entre autres pour l’examen des patients et le diagnostic (imagerie médicale, EEG, ...), pour leur suivi et la détection des situations d’alerte (rythme cardiaque, pression artérielle, glycémie, …).
Avec la miniaturisation, le suivi du patient est devenu largement possible en dehors du cadre hospitalier grâce à des techniques portables.  Des systèmes de régulation, également portables, ont aussi vu le jour (pace maker, pompes à insuline, ...).
 
Un nouveau pas pourrait encore être franchi avec la réparation de fonctions neurologiques altérées : les microsystèmes "entreraient" alors dans le cerveau.
 
LIEGE CREATIVE réunira des spécialistes du fonctionnement du cerveau et de la microélectronique pour approcher cet interface extrêmement complexe… où il est néanmoins question de microvolts dans les deux cas !  La rencontre-conférence sera l’occasion d’évoquer les premières pistes d’intervention qui permettraient le recouvrement de fonctions altérées ou disparues chez des patients cérébrolésés.

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