Orateur(s)
Pascale CHAVATTE-PALMER, Docteur vétérinaire, PhD, Directrice de Recherches à l’Institut National de la Recherche Agronomique

Liens entre nutrition périnatale et développement post-natal : les leçons des modèles animaux.

Résumé
Nous accueillions, ce midi, le Professeur Pascale Chavatte-Palmer (Docteur vétérinaire, PhD, Directrice de Recherches à l’INRA), dans le cadre de notre programmation conjointe avec BIOLIEGE.

Nous livrant un brillant exposé, Madame Chavatte-Palmer nous a démontré dans quelle mesure les modèles animaux étaient utiles pour tenter de résoudre et comprendre des problématiques de santé publique (telle que l’obésité, par exemple). La souris n'est d'ailleurs pas le seul animal qui fournit un bon modèle de comparaison, bien au contraire… Et le professeur de rappeler l’importance du choix des modèles et de la prise en considération des similitudes physiologiques entre l'homme et l'animal.

En s'appuyant sur des exemples pris dans des modèles animaux, l’exposé a permis de mettre en lumière comment l'alimentation maternelle peut modifier la qualité des gamètes. Après la fécondation, l'embryon est capable de s'adapter à l'environnement maternel (régime hyperlipidique, régime hypo-protéique, …) ou à des conditions de développement in vitro (culture embryonnaire après fécondation in vitro) en modifiant son métabolisme. Certaines de ces modifications perdurent durant la gestation, en particulier au niveau du placenta qui va réguler les échanges entre la mère et le fœtus. En réponse à un environnement maternel défavorable (sous-nutrition ou sur-nutrition maternelle, désordres métaboliques, exposition à des polluants atmosphériques, maltraitance, …), des adaptations métaboliques favorisant la survie à court terme du fœtus sont mises en place, la plupart du temps avec des différences en fonction du sexe. Les mécanismes sous-jacents sont des modifications des marques épigénétiques entrainant des différences d'expression des gènes. Après la naissance, la nutrition du jeune peut corriger, moduler ou accentuer les modifications anténatales, sans toutefois qu'un phénotype néonatal n'apparaisse nécessairement. Ce n'est souvent qu'à l'âge adulte que des anomalies métaboliques sont observées chez les descendants, souvent en réponse à un deuxième stress nutritionnel comme une surnutrition.

Plus d'infos dans la présentation du Professeur Chavatte-Palmer ci-dessous.

! Cette rencontre est maintenant complète. Pour vous inscrire sur liste d'attente, merci de nous contacter via info@liegecreative.be.

De nombreuses études épidémiologiques chez l'homme ont permis de mettre en évidence les origines développementales de la santé et des maladies (DOHAD) et en particulier l'importance de l'environnement maternel avant même la conception et jusqu’à la petite enfance, sur la santé des descendants à l’âge adulte.
Le recours aux modèles animaux permet d'étudier avec précision le rôle de l'alimentation et de certains nutriments ainsi que de divers stress maternels pendant les périodes critiques de développement. De plus, les modèles animaux permettent d'analyser en détail les mécanismes sous-jacents à ces effets, dont les modifications de marques épigénétiques.

Au cours de cette rencontre organisée conjointement par BIOLIEGE et LIEGE CREATIVE, nous montrerons notamment comment l'alimentation maternelle et même paternelle peut modifier le développement et entrainer des effets à long terme et des modifications épigénétiques chez la descendance, en nous appuyant sur des exemples pris dans des modèles animaux.

Avec le soutien de WBC Incubator.