Orateur(s)
Prof. Gauthier Eppe Director of Mass Spectrometry Laboratory (MSLab, ULiège)
Dr. Vincent Baeten Head of Unit QAP, Scientific Director (Centre wallon de Recherches agronomiques)
Dr. Nathalie Gillard Head of Analytical Laboratory (CER Groupe)

Qualité, sécurité, traçabilité, authentification des denrées alimentaires : une expertise wallonne de nos laboratoires nationaux de référence

Résumé

Cette rencontre-conférence a permis de mettre en évidence la qualité et la diversité des compétences des laboratoires d’analyse wallons en matière de qualité, sécurité, traçabilité et authentification des denrées alimentaires, et plus particulièrement de trois laboratoires nationaux de référence (LNR) : le CER Groupe, le Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W) et le MSLab (Mass Spectrometry Laboratory) de l’Université de Liège.

L'histoire, les missions, les compétences et les activités de ces trois laboratoires ont été présentées par leurs représentants : Nathalie Gillard (CER Groupe), Gauthier Eppe (MSLab, ULiège) et Vincent Baeten (CRA-W). Ils ont rappelé que la Belgique est un pays avec beaucoup de contrôles, mais aussi de talents et compétences, avec des laboratoires de référence au niveau national (LNR) mais aussi européen (EURL), comme le CRA-W qui est le Laboratoire de Référence de l’Union Européenne pour les protéines animales dans les aliments à destination animale. Parmi leurs compétences et missions, ces laboratoires nationaux de référence animent des réseaux de laboratoires en Belgique, développent et transfèrent des méthodes d’analyse, fournissent des expertises à l’AFSCA, participent à des groupes de travail de développement analytique au niveau européen …

Tous les LNR travaillent selon des normes de qualité, ce qui donne une force énorme à la recherche, et selon la norme ISO 17025. Une particularité de la Belgique est que le titre de LNR, délivré par l’AFSCA, est renouvelé tous les quatre ans (avec justification). Les éléments analysés aujourd’hui sont très divers : allergènes alimentaires, hormones vétérinaires, pesticides, toxines naturelles (marines et de plantes), mycotoxines… ; tout comme les types d’échantillon à analyser (tissus et autres matrices d’origine animale mais aussi des prélèvements de tout élément étant entré en contact avec l’animal). Il faut donc une expertise très large et essayer de garder l’ISO la plus flexible possible, tout en étant réactif et en gardant les critères de qualité demandés par la législation. Gauthier Eppe (MSLab, ULiège) a également présenté les types de molécules/contaminants couverts par son laboratoire.

Nathalie Gillard (CER Groupe) a ensuite présenté un exemple concret, la gestion de la crise de la contamination des œufs au fipronil, afin de montrer ce que peut faire un LNR dans ce cas.

Vincent Baeten (CRA-W) a mis en évidence quelques défis et enjeux du secteur :

  • De nouveaux challenges analytiques qui naissent des changements dans la liste des ingrédients autorisés ou interdits, comme par ex. l’autorisation de huit espèces d’insectes dans l’alimentation animale. Il faut alors adapter les méthodes pour détecter et authentifier ces farines d’insectes, voire en développer de nouvelles, non-ciblées, pour faciliter l’analyse.
  • La dimension analytique est elle même en pleine évolution  et de nouveaux outils apparaissent tandis que laboratoire va aujourd’hui de plus en plus vers l’échantillon (Lab-to-the-sample approach)
  • Assurer l’intégrité de la chaîne alimentaire, en utilisant des outils de détection des contaminants à la réception des lots (développement important pour l’industrie) et différentes méthodes (supervisées, non-supervisées, similarité).
  • Le besoin d’outils de détection des fraudes, car les entreprises préfèrent contrôler tous leurs produits pour éviter d’avoir de problèmes.
  • Le besoin d’outils pour assurer la traçabilité et l’authentification des produits car le producteur veut s’assurer de la qualité de son produit.

Vincent Baeten a également insisté sur le travail collaboratif au sein de l’UE, qui est un gros avantage car il permet de réagir plus vite et de pouvoir se concentrer sur les nouvelles thématiques.

Gauthier Eppe a, à son tour, identifié quelques-uns des défis de demain dans le domaine des contaminants, notamment ceux concernant les PFAS (Poly-and PerFluoroAlkyl Substances) qui sont présents dans les cartons d’emballages, les imperméabilisants … Il a montré qu’il fallait développer des approches multi-dimensionnelles (méthodes non-ciblées) afin d’avoir des informations et indicateurs supplémentaires pour renforcer l’analyse. Pour lui, une véritable problématique future est l’impact des polluants pour notre santé. En effet, ceux-ci s’accumulent dans notre corps tout au long de notre vie. Gauthier Eppe a ainsi introduit le concept d’exposome, une approche holistique qui reprend tous les types d’expositions possibles.

Enfin, il a conclu par les perspectives des LNR : la mise en place (en 2023) de l’IFRI (International Institute for Food Research & Innovation), un institut virtuel réunissant de nombreux acteurs belges, et qui permettra de collaborer autour du champ d’investigation de l’aliment. Ce centre de recherche va rassembler l’ensemble des expertises complémentaires (analyse du cycle de vie, analyse de risque, data analytics, optimisation…). Gauthier Eppe a terminé les exposés en évoquant le projet PHENIX (Plateformes tecHnologiquEs et aNalytiques d’eXcellence wallonne en agroalimentaire), qui regroupe trois universités (UMons, ULB et ULiège) et deux Centre de recherche (CER groupe et Celabor). PHENIX souhaite se structurer en un réseau d’excellence à niveau européen.

Retrouvez ci-dessous les présentations de cette rencontre :

L’évolution rapide de nos systèmes de production et de transformation des denrées alimentaires d’origine végétale ou animale amène les acteurs de la chaîne alimentaire à repenser la qualité, la sécurité, la traçabilité et l’authentification des ingrédients et des produits.

Les défis et enjeux à relever sont importants. Pour les laboratoires d’analyse, il est essentiel de développer, de valider et d’implémenter des outils analytiques et méthodologiques permettant de garantir cette qualité. Des outils fiables permettant de vérifier l’absence de contaminants, de pesticides, d’allergènes et de résidus (vétérinaires et autres) aux différents maillons de la chaîne alimentaire sont nécessaires, tout comme l’authentification des matières premières et des produits ainsi que le respect des cahiers des charges pour les produits sous appellation contrôlée/protégée (AOC/AOP) ou d’indication géographique sont nécessaires.

Au travers d’exemples concrets, les trois laboratoires nationaux de référence (LNR) hébergés à l’Université de Liège, au CER Groupe et au CRA-W aborderont ces différents aspects mais aussi les défis qui nous attendent au regard des politiques européennes qui se mettent en place à l’horizon 2030.

 

En collaboration avec Wagralim