Orateur(s)
Olivier Henriet Process Engineer (CMI Balteau)
Stéphanie Lambert Maître de Recherches FRS-FNRS, Prof. Associé (Department of Chemical Engineering-ULiège)

Elimination des micropolluants dans les eaux usées : deux traitements avancés pour demain

Résumé
Notre rencontre LIEGE CREATIVE de ce jour mettait en évidence deux façons différentes et complémentaires de traiter les micropolluants dans les eaux usées.

Pesticides, industries lourdes, résidus pharmaceutiques, cosmétiques sont autant de sources à l’origine d’une pollution diffuse dont la concentration, dans les eaux de surface, augmente aujourd’hui considérablement, avec des conséquences néfastes en matière d’environnement et de santé.

Sachons en effet que, seuls 20 à 50% des micropolluants sont aujourd’hui dégradés dans les stations d’épuration. Il est donc important de développer des technologies innovantes pour améliorer la qualité des eaux de surface et souterraines.

Olivier Henriet (process Engineer, CMI-Balteau) a présenté le projet Medix, basé sur un procédé 100% biologique. Visant à éliminer les résidus de produits pharmaceutiques dans les effluents hospitaliers, ce processus est particulièrement non énergivore.  Cette solution de traitement repose en effet exclusivement sur une dégradation biologique des micropolluants. Le procédé permet de favoriser des micro-organismes capables de dégrader ces molécules.

Stéphanie Lambert (Maître de Recherches FRS-FNRS, Professeur Associé - Department of Chemical Engineering-ULiège) nous a ensuite présenté le procédé sur lequel elle a travaillé dans le cadre du projet Cornet-AOPTI.
Placé en sortie de station d’épuration, le procédé est basé sur l’oxydation de composés organiques.  Notre oratrice a notamment explicité les avantages et le fonctionnement de l’ozonation et de la photocatalyse, tout en détaillant l’utilisation du procédé sol-gel qui est le background de son laboratoire.

Les échanges qui ont suivi la présentation conjointe ont donné lieu à d’intéressantes réflexions sur les enjeux sociétaux et environnementaux lovés derrière ces développements. Des enjeux pour lesquels une prise de conscience politique serait salvatrice!

+ d’info sur les procédés présentés dans les slides ci-dessous :


L’utilisation par l’homme de molécules de synthèse a permis depuis de nombreuses années d’améliorer ses conditions de vie, qu’il s’agisse des produits phytosanitaires, des produits d’hygiène corporelle ou de médicaments à destination humaine ou animale; la gamme de produits disponibles sur le marché et leur efficacité sont en augmentation constante. A côté de ces effets positifs, le rejet de ces substances dans le milieu environnant, sous forme native ou sous forme de métabolites pose question; en effet, les faibles concentrations relevées actuellement dans le milieu naturel causent déjà des dégâts à la flore et à la faune aquatique. On s’inquiète aujourd’hui des effets à long terme de cette pollution sur d’autres écosystèmes, sur la chaîne alimentaire, les ressources en eau potable et finalement sur l’homme.

Bien qu’aucune réglementation ne soit actuellement en vigueur pour limiter ces rejets, la communauté scientifique a alerté de longue date les autorités compétentes sur les dangers de la dissémination de ces substances dans l’environnement. L’Union Européenne s’est déjà emparée de cette problématique en proposant la surveillance des niveaux de concentration de certains xénobiotiques dans les eaux, dont plusieurs médicaments. A terme, des mesures législatives contraignantes verront certainement le jour.

 

Les deux procédés présentés lors de cette conférence ont pour objectif l’élimination poussée de ces substances dans les eaux usées avant rejet dans le milieu naturel. L’auditeur pourra y découvrir deux approches complémentaires qui feront demain partie de l’arsenal de lutte contre cette pollution diffuse.

 

Cette rencontre-conférence s'inscrit dans le sillage de la démarche "Des campus verts, une Université durable" qui traduit les engagements de l'Université de Liège en faveur des 17 ODD.