Orateur(s)
Patrizio Lancellotti MD, PhD, Chef de Service (Cardiologie-ULiège, CHU)

La cardiologie au coeur de la recherche: nouvelles stratégies dans la prévention des infections et thromboses de prothèses/cathéters

Résumé

Nous nous intéressions ce midi à l’innovation dans le domaine de la santé avec le Professeur Lancellotti (ULiège et chef du service de cardiologie,CHU ), spécialiste des maladies valvulaires. Avec pour titre « La cardiologie au cœur de la recherche », l’exposé du Professeur s’inscrivait particulièrement bien dans notre volonté de mettre en avant les approches thérapeutiques de demain. La fréquence des maladies valvulaires augmente en effet avec l’âge (en particulier en ce qui concerne les valves aortiques et mitrales) et demain, le Professeur Lancellotti prédit l’implantation de plus d’un million et demi de valves par an.

Améliorer la prévention, le diagnostic, et la prise en charge des patients, tels sont les objectifs de la médecine de demain. Si le marché des dispositifs médicaux implantables, dans le domaine cardiovasculaire, est très vaste, qu’il tend à se développer et que ce secteur est très innovant, on sait que l’utilisation de ces dispositifs peut être associé à la survenue d’infections difficiles à traiter ainsi que de complications thrombotiques.

Pour parer à ces difficultés et améliorer la prise en charge des patients, le Professeur travaille depuis de nombreuses années, avec son équipe, d’une part, au développement d’un coating universel permettant d’améliorer la sécurité et la durabilité des valves cardiaques artificielles ou biologiques ou de tout autre implant cardiovasculaire. La technologie utilisée permet d’obtenir des nano-réservoirs chargés de médicaments à relargage progressif. Les premiers tests sur des valves cardiaques sont très concluants. Actuellement, la technologie est en voie d’adaptation pour les cathéters (ERC Proof of Concept, CMD-COAT project).

D’autre part, le groupe de recherche s’intéresse également au développement de valvules cardiaques prothétiques personnalisées, imprimables en 3D, à base d’un polymère « vert » innovant.

Au cours de son exposé, il nous a raconté l’histoire de son projet de recherche mêlant idée géniale et connaissance fine des problématiques cliniques, qui a conduit à des résultats surprenants et qui ouvre la voie à de multiples applications.

Améliorer la prévention, le diagnostic, et la prise en charge des patients, tels sont les objectifs de la médecine de demain. Face à ces enjeux, les dispositifs médicaux apportent des solutions innovantes dans de nombreux domaines comme la cardiologie (stimulateurs ou valves cardiaques), l’orthopédie et la rhumatologie (prothèses articulaires et matériel d’ostéosynthèse), la chirurgie de reconstruction (prothèses mammaires) ou l’oncologie (cathéters de longue durée pour l’administration de chimiothérapie anticancéreuse). Le marché des dispositifs médicaux est donc très vaste et le secteur très innovant. Le tissu industriel est multiple et diversifié, comprenant à la fois de grandes multinationales et de toutes petites PME.
 
L’utilisation de ces dispositifs est toutefois associée à la survenue d’infections ayant comme caractéristiques communes d’être difficiles à traiter et de survenir chez des patients ayant, en règle générale, plusieurs comorbidités. Les dispositifs médicaux au contact de sang sont également sujet aux complications thrombotiques, ce qui contribue aussi aux hospitalisations plus longues, à des coûts de soins de santé plus élevés, voire au décès des patients.
 
L’équipe du Professeur Lancellotti travaille depuis de nombreuses années, grâce à plusieurs financements européens (ERC Consolidator Grant, PV-COAT project), au développement d’un polymère bioactif (« Coatigel »), combinant des propriétés antimicrobiennes, antibiofilm, et antithrombotiques, pouvant servir de revêtement universel et adhérant sur les dispositifs médicaux. La technologie utilisée permet d’obtenir des nano-réservoirs chargés de médicaments à relargage progressif. Les premiers tests sur des valves cardiaques sont très concluants. Actuellement, la technologie est en voie d’adaptation pour les cathéters (ERC Proof of Concept, CMD-COAT project) et le tremplin de la création d'une nouvelle spin-off dans le bassin Liégeois.