Orateur(s)
Loïc QUINTON, Chargé de Cours, ULg - Sciences / Chimie, et Michel FREDERICH, Professeur, ULg - Médecine / Pharmacie, Pharmacognosie

Plantes et venins animaux au service de la médecine. Quelles innovations techniques ?

Résumé
Deux approches complémentaires, des techniques innovantes, les mondes végétal et animal comme terrain de recherches, et deux orateurs aussi passionnants que passionnés étaient au menu de notre rencontre du jour ! C'est autour de Michel Frederich (ULg - Médecine / Pharmacie, Pharmacognosie) et Loïc Quinton (ULg - Sciences / Chimie) que nous nous réunissions pour explorer le domaine des substances bioactives présentes dans les plantes et les venins d'animaux.

Michel Frederich a entamé la conférence en nous rappelant le contexte historique de l'utilisation médicinale des plantes tout en soulignant qu'actuellement un médicament sur deux est une substance d'origine naturelle. C'est au niveau des techniques d'identification des substances actives que l'on observe la plus nette évolution : avec l'étude des métabolites, on analyse désormais un ensemble de substances bioactives,  mettant ainsi en évidence les synergies entre celles-ci. Ces techniques - métabolomiques - permettent en outre d'accroître la rapidité d'analyse, grâce aussi aux banques de données. Ces dernières restant un challenge de taille.

Loïc Quinton a quant a lui axé sa présentation sur les mérites de l'utilisation des venins animaux dont un des intérêts majeurs est la sélectivité, qui permet d'avoir des actions sur des récepteurs bien spécifiques et, dès lors, de diminuer le risque d'effets secondaires d'un traitement à base de venin. Exemples à l'appui, il nous a présenté la technique de bioguidage qui permet la découverte de nouvelles toxines bioactives, une technique efficace mais qui a ses limites... Et c'est avec le projet VENOMICS, pour lequel l'ULg est partenaire, que l'on découvre la nouvelle stratégie développée, misant sur la biodiversité des espèces et sur l'étude parallèle de deux banques de données, à savoir les venins actifs et les glandes à venins (tissus). Une technique innovante dont le potentiel accroit notamment le débit de découverte des toxines : les premiers résultats d'études en attestent.

Plus d'infos dans les présentations de nos orateurs (ci-dessous).
Video Cone Snails eating fish (dans le cadre de la présentation de Loïc Quinton)


Les vertus curatives des végétaux sont exploitées par l’homme depuis très longtemps. En  3000 avant JC, déjà, les Sumériens utilisaient des préparations à base de plantes pour traiter différents maux, parmi lesquelles beaucoup sont toujours utilisées de nos jours (myrte, saule et chanvre). Ce potentiel s’est amplifié avec les premiers recueils de plantes médicinales apparus en Egypte.
Plus tard, on découvrit également que les propriétés bioactives des venins animaux pouvaient se révéler utiles pour l’homme, et notamment d’un point de vue pharmaceutique et médical. Au IVème siècle avant J-C, Hippocrate utilisait déjà du venin d’abeille pour traiter l’arthrite et les problèmes d‘articulations.

Cette rencontre nous permettra de réaliser un état des lieux des stratégies modernes de découverte et de caractérisation de molécules bioactives, telles la protéomique et la métabolomique, à partir de ces deux bibliothèques naturelles que sont les plantes et les venins animaux. Des exemples variés de médicaments issus de ces recherches viendront abondamment illustrer les concepts les plus techniques.

Avec le soutien de WBC Incubator